Peur et Phobie | Partie 1

Définition de la peur

peurs et phobies

La peur est universelle. Elle est présente chez tous les humains, à toutes les époques et dans toutes les cultures. Sans la peur l’espèce humaine n’aurait pas survécu.

La peur est définie comme un sentiment d’inquiétude éprouvé en présence ou à la pensée d’un danger. Elle est une émotion qui renvoie au mouvement « movere » en latin : nous sommes mus hors de nous, nous sommes troublés.

L’émotion est un trouble de l’adaptation des conduites, un désordre, une désorganisation. La peur est une émotion choc, souvent précédé d’une surprise provoquée par la prise de conscience d’un danger présent et pressant qui menace, croyons-nous, notre vie. Elle se manifeste donc extérieurement, en même temps qu’elle est une intense expérience intérieure. Le sujet entier est mobilisé dans son corps et dans son psychisme.

Cette émotion, la peur, est un système d’alarme hautement perfectionné, indispensable à notre survie, elle nous informe des dangers, éveille notre attention pour que nous trouvions rapidement la réponse adaptée à une menace. La peur est une émotion fondamentale, au même titre que la colère, la joie, la surprise, le dégoût la tristesse, la honte, le plaisir et l’intérêt.

En général, la peur n’a pas bonne presse, notamment auprès des parents, car nous vivons dans une société où l’on se doit d’être le plus performant possible. La peur est pourtant nécessaire à la construction et au développement de l’enfant. Elle le prévient tout d’abord du danger sinon il se brûlerait, escaladerait le balcon… Il se rend compte ainsi qu’il doit veiller à l’intégrité de son corps. D’autre part, la peur que l’enfant éprouve pour cette loi symbolique représentée par le père l’aide à se construire et à sortir de la relation fusionnelle avec la mère.

La peur est très importante. Déjà, parce qu’elle permet de se protéger des dangers dans la vie réelle, ensuite, c’est une émotion intéressante, car c’est en la surmontant qu’on gagne en autonomie et donc que l’on grandit.

Petits, les enfants ont peur de tout, car ils sont en prise avec leur incapacité à être autonome. La peur est bénéfique à condition de ne pas gouverner la vie. Les enfants vont savoir affronter leurs peurs tout seuls à condition qu’il ait acquis suffisamment de confiance en eux.

La peur nous colle à la peau, nous envahit parfois, impossible à maîtriser. Paradoxalement, elle approfondit aussi notre sensation d’exister : dès les premiers instants, pas à pas, nous devons la surmonter, jusqu’à la fin. Aimer se faire peur, c’est d’ailleurs aimer retrouver cette hypervigilance, et les intenses sensations d’exister qui vont avec. Une tendance qui peut parfois pousser certains à multiplier les « conduites à risques ».

Mais lorsque cette alarme se met en route devant des dangers imaginaires, fantasmés, ou lorsque la crainte est activée par des peurs du passé non assainies, l’état d’alerte devient plus fréquent, parfois même permanent chez les anxieux.

 Photo : Stuart Miles

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